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15 novembre 2006
Le "Mao" de Warhol vendu aux enchères
Selon Christie's, ce tableau est considéré comme la première grande oeuvre politique de Warhol, estimé entre 7 et 9,4 millions de dollars.
Le célèbre "Mao" d'Andy Warhol, considéré comme l'une de ses pièces les plus sensationnelles, est mis en vente aux enchères par la Collection Daros, propriétaire suisse de très nombreuses peintures de l'artiste pop.
Ce portrait sur soie de Mao Zedong, qui montre l'ancien dirigeant chinois dans une veste bleue sombre sur un fond bleu clair, devrait être mis en vente mercredi au Centre Rockefeller de la maison de vente Christie's, dans le cadre d'une vente d'art contemporain. Son prix est estimé entre 8 et 12 millions de dollars (6,9 à 9,4 millions d'euros).
"Cette pièce est littéralement une icone du 20e siècle", a commenté Brett Gorvy, responsable de l'art contemporain chez Christie's. Dans son tableau, Andy Warhol a sorti Mao de la machine de propagande chinoise et "créé quelque chose de plus vivant, avec des couleurs plus criardes qui révèle une sensibilité très Pop", a-t-il ajouté.
Marylin et Jackie
Selon Christie's, ce tableau est considéré comme la première grande oeuvre politique de Warhol, qui a ensuite poursuivi avec succès dans cette veine, notamment avec Lénine. La pièce fait partie d'une série de 10 grands tableaux de Mao qu'Andy Warhol a peint en 1972, et considéré par les spécialistes comme le meilleur de la série.
Outre le portrait de Mao, les oeuvres "Orange Marilyn", représentant Marilyn Monroe, et "Sixteen Jackies", représentant Jacqueline Kennedy, seront mis en vente mercredi. Leur prix est estimé respectivement entre 10 et 15 millions de dollars (7,8 à 11,7 millions d'euros), et 12 et 16 millions de dollars (9,4 à 12,5 millions d'euros). (AP)
© Le Nouvel Observateur
http://permanent.nouvelobs.com/culture/20061115.OBS9354.html
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Un Goya volé lors d'un transfert entre musées
LE MONDE | 15.11.06 | 16h28 • Mis à jour le 15.11.06 | 16h29
Le tableau Ninos en el carreto, du peintre espagnol Francisco Goya, a été volé aux Etats-Unis, au cours de son transfert entre Toledo (Ohio) et New York, ville où il devait être présenté à partir du dimanche 19 novembre au musée Guggenheim dans une exposition intitulée "La peinture espagnole du Greco à Picasso". La toile peinte en 1778, qui mesure 1,5 m de haut sur 1 m de large, représentant des enfants jouant au pied d'un arbre, appartient à la collection du Musée des arts de Toledo.
Une récompense de 50 000 dollars est offerte par l'assureur pour toute information permettant de remettre la main sur la toile. La police fédérale (FBI) est chargée de l'enquête. Au moment du vol, qui selon la presse a eu lieu la semaine dernière, "la peinture traversait la région de Scranton, en Pennsylvanie, et se trouvait sous la responsabilité d'un professionnel du transport d'oeuvres d'art", assurent les deux musées. Ces derniers ajoutent que l'oeuvre, assurée pour un peu plus d'un million de dollars, "serait pratiquement impossible à revendre et donc n'a pas de valeur sur le marché".
La rétrospective du Guggenheim, qui doit être ouverte en présence de l'infante d'Espagne Elena et de son époux, Jaime de Marichalar, rassemble 140 oeuvres empruntées à des musées et des collectionneurs privés d'Europe et des Etats-Unis, dont le Musée du Prado de Madrid. - (AFP.)
Article paru dans l'édition du 16.11.06
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3246,36-834729@51-834819,0.html
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Les héritiers d'un amateur d'art canadien réclament deux toiles en Allemagne
AFP 15.11.06 | 20h41, The NY Times
Les héritiers d'un amateur d'art canadien d'origine juive allemande, qui a été dépossédé de sa collection par les nazis, réclament que leur soient rendues deux toiles qui doivent être mises aux enchères vendredi à Cologne.
"Nous avons fait une demande le 8 novembre dernier pour faire arrêter la vente de deux oeuvres du peintre hollandais Mathijs Naiveu", a déclaré mercredi à l'AFP Tanya Churchmuch, porte-parole de l'Université Concordia.
Celle-ci, avec l'Université McGill de Montréal et l'Université hébraïque de Jérusalem, est légataire des oeuvres du défunt collectionneur Max Stern et les trois institutions affirment être les propriétaires légitimes des deux toiles en question.
"C'est le personnel du Lost Art Registry de Londres qui nous a avertis de la vente de ces deux toiles" a affirmé Madame Churchmuch.
Selon elle, le détenteur des deux peintures, dont on ignore l'identité mais qui est de nationalité allemande, s'est tourné vers la maison d'encan Van Ham de Cologne pour les vendre après avoir essuyé un refus de Sotheby's.
Les deux oeuvres ont été peintes à Rome à la fin du XVIIe siècle. La première s'intitule "Scène de marché à la Piazza Navona" et la deuxième "Scène de marché à la Piazza Quirinale". Leur valeur combinée est estimée à 50.000 dollars américains.
Le mois dernier, une première oeuvre ayant appartenu à Max Stern a été retrouvée par une équipe de l'Université Concordia, qui estime à plusieurs dizaines de millions de dollars la valeur de la collection de celui-ci.
Max Stern est né en Allemagne en 1904 et a dirigé une importante galerie d'art à Düsseldorf qui avait été fondée par son père.
Ayant fui son pays en 1937, il est arrivé au Canada en 1941. Il y est devenu propriétaire d'une galerie d'art renommée et a tenté en vain de récupérer ses tableaux jusqu'à sa mort en 1987.
http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-28829713@7-37,0.html
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Lost Renaissance Masterpieces Surface in a British Home
November 15, 2006
Arts, Briefly
Compiled by LAWRENCE VAN GELDER, The NY Times
Behind a door in a spare bedroom of a woman’s modest house in Oxford, England, hung two small paintings. She had persuaded her father to buy the works when she found them in a box of odds and ends in the United States in the 1960s and thought them “quite nice.” He paid a few hundred pounds for the poplar panels, each painted with the standing figure of a Dominican saint in tempera on a gold background. The woman, Jean Preston, an Oxford librarian who died this year at 77, learned only last year that the paintings were by the Renaissance master Fra Angelico. They were identified by an art historian, The Guardian of London reported, as long-lost pieces from one of the artist’s major works, the high altar of the monastery of San Marco in Florence, commissioned by Cosimo de’ Medici. The main panel remains at the monastery, but eight smaller paintings of saints were dispersed during the Napoleonic wars. Six are in private collections and galleries. The remaining two, Miss Preston’s, were left to heirs and were valued at $1.9 million by an auctioneer.
http://www.nytimes.com/2006/11/15/arts/15arts.html?ref=arts
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The Art of Pricing Great Art
November 15, 2006
By DAVID LEONHARDT, The NY Times
By the time the crowd began arriving in Rockefeller Center last Wednesday for the big auction at Christie’s, rain had already been falling in New York for 19 consecutive hours. It was one of those blustery rains for which umbrellas were no match, so the assembled art lovers were left to peel off their damp overcoats in Christie’s lobby and wait in a long coat-check line.
Once inside, a few hundred of the attendees were shunted off to one of two side rooms, where they would watch the auction on a video screen, because the 750 seats in the main room — the James Christie Room — weren’t nearly enough for the crowd.
Yet none of the inconveniences seemed to dull anybody’s enthusiasm. Over the next three hours, a mere sketch by Mondrian sold for $3 million, while a Gauguin painting went for $40 million and a Klimt for $88 million. In all, the auction brought in $491 million, breaking the modern mark of $435 million (in today’s dollars) set by Sotheby’s in 1990, in the last bull market in art.
There is no mystery about the causes of the new boom. The rich have done very well over the last decade, and some of them, including hedge fund managers like Steven A. Cohen, are spending large sums of their money on art. New billionaires in China, India and, above all, Russia, have also entered the market.
The mysterious part of the current mania lies in figuring out what exactly makes a piece of art worth $30 million instead of, say, $1 million. Not even people who make their living selling art claim to have much of a definition of great art. In fact, they’re proud not to have one. “That’s where the market becomes magical,” Tobias Meyer, Sotheby’s chief auctioneer, told me.
For the last five years, though, a man named David W. Galenson, an art lover, modest collector and tenured professor of economics at the University of Chicago, has been trying to change this. He has developed something approaching a unified theory of art, which hasn’t won him many fans in the art world but does a surprisingly good job of explaining the relative value of the world’s great paintings. Even if you know nothing about art, Mr. Galenson can help you understand why Andy Warhol’s 1962 “Orange Marilyn” is expected to sell for more than his 1972 “Mao” at Christie’s postwar auction tonight.
The theory has its roots in a conversation a decade ago between Mr. Galenson and an art dealer he knew. He was thinking about buying an old painting by an American artist named Sol LeWitt and asked the dealer what she thought of the price. She told him the work was overpriced, because recent LeWitt works were selling for less. When Mr. Galenson asked her if the comparison was relevant, she told him that an artist’s age didn’t determine the price of his work.
“My whole life I’ve studied the relationship between age and productivity,” Mr. Galenson, a slight 55-year-old, said last week as we walked through the public viewing before the Christie’s auction, “and she’s saying it doesn’t matter.”
So he began collecting data on the sale price of works by Warhol, Jackson Pollock and other American artists, and he discovered a pattern. Most of them produced their most valuable work either very early in their career, like Warhol, or very late, like Pollock. When he expanded his research to European painters, he found the same pattern.
Not only that, but the two groups tended to approach art, and to talk about it, in strikingly different ways. The young geniuses, like Gauguin, Picasso and Van Gogh, were conceptual innovators whose paintings broke sharply from previous work. They typically had a precise goal in mind when they started a piece and didn’t need long to finish it. “Above all, don’t sweat over a painting,” Gauguin once told a friend. “A great sentiment can be rendered immediately.”
The late bloomers, on the other hand, arrived at their innovations gradually, through trial and error, making their major contributions late in life. They painted the same subject again and again, experimenting on the canvas, often reluctant to say that a painting was finished. Consider that Cézanne, who did his most valuable and celebrated work in his 60s, signed few of his paintings.
Mr. Galenson has extended the theory to novelists, poets and beyond, arguing that most creative people fall on one end or the other of the spectrum, and he has earned a fair bit of attention. Malcolm Gladwell, in a speech at Columbia University, described “Old Masters and Young Geniuses,” which Mr. Galenson published this year, as “a really wonderful book.” Wired magazine recently profiled him under the headline, “What Kind of Genius Are You?”
But there are also a lot of people who consider him to be a bit of a kook. He has taken arguably the least scientific of all human endeavors and tried to fit it into a grand system. An art critic writing in The Chicago Tribune accused Mr. Galenson of applying statistical analysis to an inherently unquantifiable field and said his work “reads like a quirky little journal article that blithely ingested steroids.” As Mr. Galenson himself says: “The art historians and art critics won’t look at my work. They just assume I’m an idiot.”
When Mr. Gladwell submitted an article about Mr. Galenson’s ideas to The New Yorker, he suffered his first rejection from the magazine. “You buy this Galenson stuff?” Mr. Gladwell recalled his editor saying to him. “What are you, crazy?”
Obviously, Mr. Galenson’s theory can’t explain all of art history. There are clear exceptions, like “Guernica,” which Picasso painted when he was 55, decades after much of his greatest work.
But they are exceptions nonetheless. If you look through the prices from the current auction season, or walk through any major museum, you can’t help but notice that Mr. Galenson is onto something. When a still life that Cézanne painted at the age of 56, for instance, fetched $37 million at Sotheby’s last week, art experts cited the rarity of Cézanne still lifes. The next night at Christie’s, another Cézanne still life — one painted when he was 34 — sold for just $1.1 million.
So I don’t think that the exceptions to the Galenson theory of creativity are the main reason it faces so much opposition. Its real problem is that it’s not what we want to hear. We like to believe that human judgment is too complex and nuanced — too magical — to be captured by something as clinical as statistics. And sometimes it is, but not nearly as often as we imagine.
While Mr. Galenson has been studying the art world over the last five years, all sorts of other fields have been engaged in their own debate about judgment versus rules. Some doctors have been resisting a push toward “evidence-based medicine” because they believe their clinical judgment trumps the data. In Major League Baseball, scouts who have been watching games for decades roll their eyes at a group of young executives who prefer numbers to descriptions.
When the traditionalists in these fields describe their skepticism of statistics, they sometimes make the argument that their craft is as much art as it is science. That’s a nice line, but the next time you hear it, think back to Mr. Galenson’s work. Even art, it turns out, has a good bit of science to it.
E-mail: leonhardt@nytimes.com
http://www.nytimes.com/2006/11/15/business/15leonhardt.html?_r=1&ref=arts&oref=slogin
21:07 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
13 novembre 2006
Dealers angry as Christie’s follows Sotheby’s to Maastricht
Both auction houses will have stands at the fair’s next edition in March 2007
By Georgina Adam | Posted 09 November 2006, The Art Newspaper
LONDON. When Sotheby’s bought the Maastricht-based old master dealership of Noortman’s in June this year, many dealers were outraged. Their anger is focused on the fact that the gallery would continue to exhibit at Tefaf (The European Fine Art Fair), held in Maastricht every March; Robert Noortman is a board member of Tefaf, and his immense booth enjoys one of the best positions at the fair.
Art fairs are supposedly the trade’s answer to auctions, a way of creating a glamorous event to attract buyers, so the presence of an auction house in a fair—let alone such a prestigious one—was seen as a Trojan horse. While Mr Noortman stresses that his gallery is a separate entity from Sotheby’s, the auction house does profit from his participation, in that income made at the fair will ultimately go to the auction house.
Christie’s was quick to react, and immediately wrote to the Tefaf board demanding that it should also be allowed to participate at Tefaf; otherwise, according to a number of sources in the trade, Christie’s threatened to go to the European Court.
As a result Tefaf has agreed to accept Christie’s, and next year the auction house will also have a large stand, probably opposite Noortman’s. “We are creating a special company, which will not be branded Christie’s, led by our head of old master private treaty sales, Alan Wintermute, and the international director, Jennifer Forbach,” said Christie’s spokesman Catherine Manson. The stand will only show works available through private treaty sales.
“These are exceptional circumstances, and everything is about compromise,” Tefaf board member Ben Janssens told The Art Newspaper, who also explained that Tefaf rules did not bar an auction house from participating. “We had long discussions about Noortman’s and we concluded that it was only fair that Christie’s should be able to exhibit as well. If we excluded Noortman’s, then he might have set up a competitive event which would have had a negative impact on the fair. A lot of dealers don’t like the situation,” admitted Mr Janssens.
Asked whether it was unfair that Christie’s was getting into Tefaf so easily while galleries struggle to gain admittance, Mr Janssens said: “Christie’s stand will be strictly vetted and we will not allow them to put up art which could be for sale at auction.”
http://www.theartnewspaper.com/article01.asp?id=499
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11 novembre 2006
Le Sénat prend fait et cause pour le patrimoine
LE MONDE | 10.11.06 | 16h00 • Mis à jour le 10.11.06 | 16h00
Le patrimoine est traditionnellement un secteur budgétivore du ministère de la culture. L'entretien des monuments historiques est une lourde charge - toujours recommencée. Depuis quelques années, c'est aussi un sujet d'inquiétude : les sommes qui lui sont affectées par la Rue de Valois ont tendance à diminuer régulièrement. Aujourd'hui, la situation est alarmante.
Depuis deux ans, les entreprises qui travaillent sur les monuments historiques, lourdement pénalisées par les baisses de crédits, se font entendre de plus en plus bruyamment. Et la commission des affaires culturelles du Sénat relaie les plaintes des professionnels du patrimoine en publiant un rapport très critique sur la gestion de ce dossier par le ministère de la culture. Mais, nouveauté, la commission propose des solutions pour sortir de cette crise récurrente.
Le rapport, intitulé "Monuments historiques, une urgence pour aujourd'hui, un atout pour demain", a été piloté par Philippe Richert (président) et Philippe Nachbar (rapporteur), tous deux sénateurs UMP, le premier du Bas-Rhin et le second de Meurthe-et-Moselle. Les élus font d'abord un état des lieux. Depuis 2001, les reports de crédits et les abattements budgétaires - tempérés par quelques restitutions - se soldent en 2005 par un déficit de 116 millions d'euros. Du coup, 200 chantiers sont arrêtés en 2005, et 300 en 2006, sans compter l'ajournement de la majeure partie des nouvelles opérations.
RATTRAPAGE RÉTROSPECTIF POUR 2006
Devant cette crise majeure, le gouvernement a commencé à réagir. Le premier ministre, Dominique de Villepin, a annoncé, depuis le parvis de la cathédrale d'Amiens (Le Monde du 16 septembre), le lancement d'un plan d'urgence et le déblocage de crédits exceptionnels. Soixante-dix millions d'euros supplémentaires, issus des droits de mutation à titre onéreux, devraient être affectés chaque année aux Monuments historiques, à partir de 2007 - avec un rattrapage rétrospectif pour 2006.
Pour 2007, le budget du patrimoine au ministère de la culture devrait atteindre 360 millions d'euros grâce à ces 70 millions rétrospectifs. Par la suite, le budget devrait être de 290 millions d'euros en vitesse de croisière. Ce qui est insuffisant, soulignent les sénateurs. Ils estiment qu'"une programmation réaliste des chantiers assise sur une gestion prévisionnelle des crédits" demande une enveloppe financière comprise entre 350 et 400 millions d'euros.
Aussi préconisent-ils deux mesures. La première est de lever l'ambiguïté de l'annonce du premier ministre, qui a prévu de plafonner la nouvelle recette issue des droits de mutation. "Le gouvernement a prévu un prélèvement de 25 % sur cette recette, indique Philippe Nachbar. On peut accepter que la somme soit inférieure à 70 millions d'euros si les mutations sont moins nombreuses. Mais il faut aussi accepter qu'elles soient supérieures à ces 70 millions si les recettes sont plus élevées."
L'EXEMPLE BRITANNIQUE
La deuxième proposition est inspirée par l'exemple britannique, qui affecte 18,5 % des recettes de la Loterie nationale au patrimoine (soit l'équivalent de 375 millions d'euros). Les sénateurs demandent que 1 % des bénéfices de la Française des jeux soit systématiquement attribué aux Monuments historiques, soit 90 millions d'euros par an.
Mais les élus ont aussi souligné l'importance du patrimoine dans l'économie française. Une importance rarement mise en évidence. S'appuyant sur deux études récentes, l'une réalisée par l'économiste Xavier Greffe, l'autre par la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, ils estiment que près de cinq cent mille emplois sont engendrés, directement ou indirectement, par le patrimoine. Et ils constatent que "les retombées du patrimoine sont très supérieures aux crédits publics d'entretien et de restauration que lui consacrent l'Etat et les collectivités territoriales ; il s'agit donc d'investissements extrêmement productifs".
Emmanuel de Roux
Article paru dans l'édition du 11.11.06`
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3246,36-833145@51-829807,0.html
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Russes et Chinois commencent à investir
Si les Européens monopolisent encore les achats d'art, les pays émergents s'y mettent.
Par Vincent NOCE
QUOTIDIEN : samedi 11 novembre 2006
A San Gimignano, village toscan, les seigneurs rivalisaient en édifiant de tours à chaque fois plus élevées que celles du voisin. Le marché de l'art s joue son San Gimignano à coups de dollars : 135 millions pour un portrait d Klimt, à peu près la même somme pour un grand dripping de 1948 de Jackson Pollock. La semaine des grandes ventes à New York avait bien commencé avec 29 millions d'euros pour une nature morte de Cézanne, manquant pourtant de vigueur, obtenue par Sotheby's. Sa vente de tableaux impressionnistes et contemporains totalisait un honorable 170 millions d'euros, en dépit de quelques ratés imputables à des estimations trop élevées. Dans la foulée, un responsable de Sotheby's comparait dans le Wall Street Journal sa compagnie à «une Porsche» et Christie's à «une Volkswagen». Il doit s'en mordre les doigts, car, dans la soirée, Christie's faisait exploser un feu d'artifice. Record pour l'Homme à la hache de Gauguin, cette peinture du premier séjour tahitien, achetée au peintre par Ambroise Vollard à une période où personne ne voulait de ses tableaux : 31 millions d'euros. Record pour un saisissant tableau de la série des Rues berlinoises de Kirchner, sommet de l'expressionnisme : 29 millions d'euros. Record encore pour un Schiele. Dans quatre salles bondées du luxueux immeuble de Rockefeller Plaza, la vente s'est déroulée au moment où les télévisions donnaient les résultats des élections, ce qui n'a guère troublé les amateurs américains, occupés à rafler 40 % des lots (50 % en valeur).
Foire. Ce boom emporte tableaux, bijoux, objets d'art... Cet automne à Paris, la Biennale des antiquaires et la Foire d'art contemporain en ont profité à fond, après le succès de la foire des antiquaires de Maastricht. Président de Christie's Europe, François Curiel souligne cette enthousiasmante conjonction : «Les Américains achètent, les Russes achètent, les Chinois achètent» ( Libération du 20 mars 2006). Dans un premier temps, ces acheteurs se sont consacrés à leur propre patrimoine, ventes de peintures latino-américaines, d'objets d'art russes ou d'antiquités chinoises. Progressivement, ils investissent d'autres secteurs. Mercredi, à ce niveau, les pays émergents semblent être restés en marge : 8,5 % des lots répartis entre l'Amérique latine, l'Asie et la Russie, contre 42 % emportés par des Européens. Cela ne les a pas empêchés de concourir aux enchères. Et il faut nuancer ces chiffres, car certains tableaux ont pu être adjugés à des courtiers européens, mandatés par un Moscovite ou un Taïwanais. Un spécialiste confie : «Croyez-moi, les Russes étaient très présents.»
http://www.liberation.fr/culture/216509.FR.php
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Aubaine
Par Gérard DUPUY
QUOTIDIEN : samedi 11 novembre 2006
A l'approche de la Noël, les professionnels de la finance calculent leu prime de fin d'année. Le millésime 2006 sera plantureux : plus de 3 milliards de dollars pour les cinq plus grandes sociétés de Wall Street. Ç explique la prospérité des secteurs du luxe. Ça, c'est pour les employés. Le actionnaires des sociétés échangées à Wall street se portent, eux, encor mieux. Une partie de leurs bénéfices alimente ce secteur particulier d superluxe : les ventes d'art aux enchères, qui battent régulièrement de records. La présence d'artistes de la «Sécession» viennoise ou d l'expressionnisme allemand parmi ces enchères élevées s'explique par u effet d'aubaine. Ces oeuvres arrivent au meilleur moment sur le marché après avoir été restituées aux héritiers de collectionneurs spoliés par le nazis
On peut s'étonner qu'il ait fallu attendre si longtemps pour que l'apurement moral et financier des pillages du IIIe Reich soit fait. Mais la mise en cause de la responsabilité éventuelle de la SNCF pour la déportation des Juifs, à la requête de descendants de victimes, a pris tout autant d'années. Dans le cas des oeuvres d'art, leur cours élevé actuel explique aussi l'engagement de certaines procédures. Sans l'espoir d'une récompense proportionnelle aux résultats de leurs démarches, les très coûteux cabinets d'avocats américains ne mettraient pas en oeuvre leurs redoutables moyens d'investigation et de poursuite.
Beaucoup trouvent que les enchères faramineuses du marché de l'art sont à la fois déraisonnables et vaguement scandaleuses. Ils pourront se dire que cet emballement sert aussi, quoique de manière adventice, certaines bonnes causes.
http://www.liberation.fr/culture/216508.FR.php
12:19 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
A savoir
QUOTIDIEN : samedi 11 novembre 2006
L'oeuvre d'art la plus chère du mondeest la toi e Gustav Portrait d'Adele Bloch-Bauer I, qui a été acquise en juin dernier pour 135 millions de dollars par le magnat new-yorkais des cosmétiques Ronald Lauder. Elle est exposée à la Neue Galerie de New York, consacrée à l'art allemand et autrichien des années 1890-1940.
Un demi-milliard de dollars
en deux heures,c'est ce qu'a rapporté une vente de tableaux organisée mercredi à New York chez Christie's (dont 88 millions pour un Klimt, 40 millions pour un Gauguin, 22,4 millions pour un Schiele, 6,7 millions pour un Balthus). Jamais vente aux enchères n'avait atteint un tel produit.
«Oh merde ! Regardez ce que j'ai fait !»
Le cri du milliardaire Steve Wynn, propriétaire de casinos et d'hôtels à Las Vegas, tout fier de montrer à ses amis une oeuvre de Picasso ( le Rêve , de 1932), dont il venait, en octobre, de conclure la vente pour 139 millions de dollars (cela constitua un nouveau record), et qui, dans un geste d'emphase, a percé la toile avec son coude.
La conférence de Washington
En décembre 1998, 44 Etats et 13 ONG réunis au musée de l'Holocauste ont discuté, sous la houlette des Etats-Unis, des règles de restitution des biens culturels volés par les nazis. L'année précédente, à Londres, une autre conférence internationale s'était penchée sur la question de l'«or nazi».
Gustav Klimt(1862-1918) :
peintre symboliste autrichien, membre du mouvement Art nouveau de Vienne, figure emblématique de la «Sécession» viennoise. Il a été l'an dernier le héros d'un film de Raoul Ruiz (Klimt) avec John Malkovich dans le rôle du peintre.
Ronald Lauder : le fils d'Estée Lauder, dont la fortune est estimée à plus de 2 milliards de dollars, a commencé une collection d'art dès l'âge de 15 ans, avec un fonds d'un million de dollars confié par sa mère. Passionné par Klimt et la «Sécession» viennoise, il a ouvert à New York son propre musée, la Neue Galerie.
http://www.liberation.fr/culture/216507.FR.php
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