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19 juillet 2006
Washington et Téhéran d'accord pour empêcher la vente d'oeuvres d'art perses
AFP 18.07.06 | 22h02
L'Iran et le ministère américain de la Justice ont formé une étrange et inhabituelle alliance pour empêcher la vente aux enchères d'oeuvres d'art iraniennes aux Etats-Unis visant à indemniser les victimes d'attentats du Hamas en Israël en 1997.
Des plaignants voulaient mettre aux enchères des objets d'art de la Perse ancienne détenus par l'université de Chicago (Illinois, nord) pour indemniser les victimes d'attentats du mouvement islamiste palestinien Hamas en 1997 à Jérusalem.
Un avocat américain représentant les intérêts iraniens a estimé que les objets perses étaient protégés par une loi fédérale qui précise que seuls des biens destinés à un usage commercial étaient susceptibles d'être saisis.
Le ministère américain de la Justice a estimé de son côté dans une note que permettre la vente de ces objets créerait un dangereux précédent et pourrait menacer les biens américains à l'étranger. Le ministère a toutefois précisé qu'il "ne défendait pas le comportement de l'Iran".
Les objets en question sont des tablettes en terre cuite retraçant la vie des Iraniens de l'époque Achéménide (648 - 330 Av JC), prêtées par le gouvernement iranien à l'université de Chicago dans les années 1930 à des fins de recherche.
En 2004, l'université de Chicago a rendu à l'Iran 300 de ces tablettes. Le nombre de tablettes restantes, qui pourraient faire l'objet de cette vente aux enchères, n'a pas été précisé.
Début juillet, le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki avait menacé Washington de représailles si ces oeuvres d'art étaient effectivement mises aux enchères.
Plusieurs survivants d'un attentat suicide en 1997 à Jérusalem dans lequel cinq Américains avaient été tués, ont porté plainte contre le gouvernement iranien pour son soutien au Hamas et ont réclamé des dédommagements.
Ils ont déjà obtenu au titre de compensation la saisie d'une maison, proprité de l'Etat iranien, au Texas (sud) et de plusieurs "petits comptes bancaires". "Nous sommes choqués de voir que l'université de Chicago coopère avec l'Iran qui est sur la liste des Etats soutenant le terrorisme", a dit David Strachman, un avocat qui représente les victimes des attentats de 1997.
Gil Stein, directeur de l'Institut oriental de l'université de Chicago, a indiqué de son côté que son département "fera tout ce qui est en son pouvoir pour protéger un patrimoine culturel et de recherches universitaires". "C'est une question de principe pour nous et cela devrait l'être pour toute personne ou nation civilisée", a-t-il dit.
Ce cas est suivi avec appréhension par beaucoup de musées qui craignent que des objets de leurs collections puissent être saisis à la suite de plaintes contre des gouvernements étrangers qui soutiendraient des mouvements terroristes.
15:08 Publié dans Presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note