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31 mai 2006
Droit de réponse
Par Vincent NOCE
mardi 30 mai 2006
Suite aux articles parus dans Libération sur une vente d'argenterie provenant de la famille Le Roux, organisée par Christie's, qui a suscité une demande d'information de la Commission pour l'indemnisation des victimes de la spoliation (CIVS), Gérard Le Roux nous a fait parvenir le droit de réponse suivant :
«J'entends indiquer que la lettre que j'ai retrouvée ne procède pas du hasard, mais fait partie d'un album de photos de famille consacré par ma mère (récemment décédée) à la collection d'argenterie familiale ; il s'agit d'une lettre écrite par Jacques Helft à l'en-tête de sa galerie de New York, le 7 mai 1946, à Edouard Le Roux, mon père.
Cette lettre atteste avec une description détaillée que les quatre présentoirs et cloches qu'Edouard Le Roux, client habituel de Jacques Helft, propriétaire d'une importante maison d'antiquités à Paris puis à New York, lui avait demandé d'examiner provenaient bien du service Orloff. Dès lors, il est regrettable que vous ayez pu insérer dans votre quotidien du 20 mars de tels propos (1), alors que ce document atteste de l'acquisition régulière desdites pièces d'argenterie.»
(1) «Le fils de cet antiquaire s'était inquiété de savoir si cette argenterie (785 000 euros) ne provenait pas d'un pillage nazi de la collection de son père.»
En décembre 2004, la CIVS s'inquiétait auprès de Christie's de la mise aux enchères de pièces du service offert par Catherine II au comte Orloff, semblables à celles pillées par les nazis à l'antiquaire Jacques Helft. Elle réclamait, selon le droit et la logique, des documents justifiant de leur origine. En vain. Sommé de les produire par le tribunal, Christie's dut admettre n'en avoir aucun. Le 18 janvier dernier, nous interrogions la famille Le Roux sur les «éléments prouvant l'origine légitime» de ses pièces. Demande réitérée le 25. Aucune réponse.
Le 6 février, Libération rendait publique cette contestation d'une vente décidément problématique. Trois semaines plus tard, Christie's faisait connaître la redécouverte d'un document attestant de la vente régulière de ces pièces par Jacques Helft.
Néanmoins, la loi impose aux organisateurs de ventes de s'assurer de la provenance légitime des lots a priori et non avec quinze mois de retard. A notre sens, cette obligation ne devrait souffrir aucune discussion, particulièrement dans le cas d'une recherche portant sur une spoliation commise sous le nazisme.
http://www.liberation.fr/page.php?Article=386009
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